Les Minimes : ce couvent historique grenoblois qui s’apprête à héberger un projet XXL de coworking et de coliving – La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes

C’est le fruit d’une idée qui a germée en 2017, et qui devrait se concrétiser par une ouverture qui s’échelonnera en plusieurs phases, entre 2023 et 2025.

Les deux entrepreneurs grenoblois Mathieu Genty et Marie Pesenti, déjà aux commandes de l’espace de coworking Cowork in Grenoble (137 coworkers mensuels en moyenne, 200.000 euros de chiffre d’affaires), cherchaient un nouveau défi, et surtout, un nouveau lieu où ils pourraient expérimenter à la fois de nouvelles façons de vivre et de travailler.

“Avec Cowork, cela faisait déjà 6 ans que nous expérimentions de nouvelles choses, mais nous avions l’idée d’aller plus loin pour expérimenter les outils de demain, et notamment comment vivre et travailler ensemble, mais aussi grandir ensemble“, confie Mathieu Genty.

Le couvent, comme lieu fédérateur à rebâtir au coeur de la ville

Un lieu qui correspondait en tous points aux Minimes, un ancien couvent est fondé en 1646, et qui était devenu la propriété de la Ville de Grenoble en plein centre-ville, dans le quartier de l’Alma.

Mais face à l’impossibilité financière de prendre en charge sa rénovation, la municipalité EELV avait décidé de l’intégrer dans un apple à projets (“Gren’de projets”) visant à revaloriser une part du patrimoine communal “sous-utilisé”, et à faire redécouvrir certains bâtiments oubliés à travers de nouveaux usages.

Avec pour cet ancien couvent, la perspective d’y proposer à la fois des services de restauration (bar, restaurant, distillerie) mais aussi de l’hôtellerie (avec un “hostel” qui ressemble aux auberges de jeunesse nouvelle génération, mais aussi un coliving), ainsi que des espaces de travail et notamment de coworking (avec le transfert envisagé des activités de Cowork in Grenoble sur place), ainsi que des espaces de réception et de spectacles pouvant accueillir des événements.

Couvent les Minimes 3

Un projet qui ressemble aux concepts qui tentent d’émerger à travers l’Hexagone, comme à Paris ou Bordeaux, mais aussi en Géorgie ou à Venise… mais avec quelques spécificités :

“Nous souhaitons miser sur à la fois sur des activités qui génèrent des flux comme les spectacles, le coworking et l’hostel, d’autres qui génèrent de la rentabilité comme le bar, café, restaurant, et que l’ensemble nous permette de porter ensemble un projet social”, explique Mathieu Genty. A savoir “un tiers-lieu” qui se veut avant tout “un lieu d’expérimentation de solutions pour améliorer la ville aujourd’hui et préparer le monde”.

Du couvent à “l’hostel” de nouvelle génération

L’ambition est aussi d’y déployer un nouveau modèle pour l’hôtellerie, avec une partie “hostel” qui reprend les codes de auberges de jeunesse, mais de manière plus qualitative, ainsi qu’une partie dédiée au coliving. Avec un modèle économique qui reprendra les tarifs déjà pratiqués dans des établissements de ce type, mais des cibles qui se veulent aussi plus larges :

Notre objectif est d’avoir un lieu infini qui nous permette de tester de nouveaux usages, et faire venir des digital nomades en leur proposant également de venir travailler et vivre à Grenoble pour expérimenter la ville”, ajoute son cofondateur.

Son public cible se veut volontairement diversifié, en visant à croiser à la fois les entrepreneurs, étudiants, salariés, mais aussi retraités, tout comme les gens du cru, et des touristes en quête de l’essence-même de la ville. A ce titre, Mathieu Genty et Marie Pesenti sont déjà en contact avec l’Office du Tourisme de Grenoble, avec l’objectif de proposer des packages à leur résidents, incluant notamment la découverte des stations de ski, situées en banlieue grenobloise, et le transport en bus.

Après avoir complété, en mai 2021, une première levée de 200.000 euros issue de la “love money” auprès de huit entrepreneurs locaux, le projet a pris un nouveau virage début mars 2022, avec le lancement d’une nouvelle opération de crowdfunding, destinée à boucler le financement des travaux.

“Nous avions déjà le soutien de quatre banques : le Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes, la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, LCL et le Crédit Mutuel, qui se sont engagées à nos côtés, sur des prêts de un million d’euros chacune, mais nous devions pour cela sécuriser  en amont une opération de financement de 1,3 millions d’euros”.

Une opération de crowdfunding en cours qui implique le tissu local

Un premier succès vient d’être remporté car en l’espace de deux semaines, le projet a recueilli, de manière additionnelle, près de 750.000 euros dans une levée participative auprès de 330 citoyens et entrepreneurs, essentiellement issus du bassin grenoblois.

Tous obtiendrons des parts sociales et un droit de vote dans ce nouveau projet, qui a déjà pris la forme d’une SAS issue de l’économie solidaire, “ce qui signifie que nous allons nous engager à limiter les écarts salariaux et à réserver et réinvestir 50% des bénéfices”. A terme, la création d’une quinzaine d’emplois est prévue pour faire tourner le lieu.

Un concept qui a su fédérer à l’échelle locale, notamment grâce aux réseaux sociaux ainsi qu’aux bouche-à-oreille et contacts des deux porteurs de projets, allant jusqu’à séduire quelques “figures locales” comme les entrepreneurs comme le PDG de Spartoo Boris Saragaglia, ou encore le patron de ISKN, Jean-Luc Vallejo. La clôture de cette opération est attendue pour le 30 mars.

Le permis de construire ayant été octroyé et purgé de tous recours, les travaux devaient pouvoir débuter à compter de la fin 2022, juste après la signature du bail emphytéotique avec la Ville de Grenoble pour une durée de 45 ans (reconductible pour 10 ans).

Le cabinet Ateam architectures, basé à Crolles, a été retenu, tandis que la livraison des différents espaces est ensuite attendue en plusieurs phases, entre 2023 et 2025. Avec une première levée de rideau prévue dès 2023 pour la partie restauration, bar et réception.

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