Présidentielle : Marine Le Pen a-t-elle réussi son grand meeting de l’entre-deux-tours ? – Europe 1

ANALYSE

Un moment fort de la campagne de Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national à la présidentielle a tenu jeudi son grand meeting de l’entre-deux-tours à Avignon, dans le Vaucluse. Réintégration des soignants mis à pied, référendum sur l’immigration… La candidate a énuméré ses propositions, et a taclé à plusieurs reprises le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans Europe Soir, les éditorialistes ont débattu autour de la prestation de Marine Le Pen et livré leurs analyses.

Un meeting sans surprise

Bruno Jeudy, rédacteur en chef de Paris Match, n’est pas surpris de la teneur du discours de Marine Le Pen, qui a duré 47 minutes. Il estime que la candidate du RN est restée “dans la lignée ce qu’elle a fait depuis le premier tour”. “Elle a fait un discours où la deuxième partie était très centrée sur la critique du bilan d’Emmanuel Macron. Elle s’en est beaucoup pris aussi aux attaques dont elle a fait l’objet”, précise le journaliste, rapportant que la candidate avait répondu à la pique de Gérald Darmanin, qui dénonçait que “les pauvres risquaient de mourir” si elle était élue.

“Sur le plan politique, elle n’a rien lâché”, poursuit Bruno Jeudy, qui évoque une Marine Le Pen “assez classique, avec un discours qu’elle a depuis le début de sa campagne. Elle n’a pas beaucoup surpris”, souligne-t-il dans Europe Soir. Le rédacteur en chef de Paris Match indique que la candidate se trouvait dans le Vaucluse, un département qui a largement voté pour elle au premier tour. “Avec ses militants, elle a fait le job du point de vue meeting”, conclu Bruno Jeudy.

L’accent sur la démocratie

Pour Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, Marine Le Pen “essaye de gommer, dans la continuité du premier tour, un maximum de ses aspérités”. Le journaliste détaille : “Elle n’était pas forcément dans la brutalité à l’égard d’Emmanuel Macron. Elle a déroulé une vision, et s’est posée comme l’antithèse du président sortant, qu’elle a présenté comme le président de la mondialisation, du libre-échange, peu social et déconnecté des Français.”

Le journaliste du Figaro souligne également que la candidate du RN a développé un thème qu’elle avait moins développé auparavant, celui de la démocratie. “Elle a beaucoup insisté sur le référendum d’initiative populaire qui a été critiqué par ses adversaires. Elle en fait un atout. C’est intéressant”, note Alexandre Devecchio.

Se mettre au-dessus du clivage droite-gauche

L’essayiste Gilles Mentré met lui en avant quatre mots-clés du meeting de la candidate RN : peuple, protection, travail et équilibre. Avec les termes protection et travail, “elle s’est adressée aux patriotes de gauche et de droite, elle veut se mettre au-dessus de la droite et de la gauche”, analyse l’essayiste dans Europe Soir. Pour lui, les propositions formulées par Marine Le Pen ont donné une cohérence. “De ce point de vue-là, c’est un discours qui a été très travaillé. On le voit : elle a beaucoup lu son discours”, remarque Gilles Mentré.

L’essayiste voit aussi dans ce discours “un décalage entre la forme et le contenu”. “C’est néanmoins un discours très classique, très vertical”, ajoute Gilles Mentré, qui pointe “une contradiction du Rassemblement national et de Marine Le Pen, entre l’ouverture sur le RIC, le besoin de nouvelle démocratie, et une tradition du Front national dont elle n’arrive pas complètement à se défaire, qui est verticale.” Cette verticalité, Gilles Mentré l’a traduit comme la volonté “d’un État fort, qui décide. Elle accuse Macron d’être un homme seul, mais on peut dire qu’elle aussi est une femme seule qui s’adresse directement au peuple. Elle reste prisonnière d’un héritage dont elle n’arrive pas à se défaire”, ajoute l’essayiste.

Marine Le Pen en territoire conquis

De son côté, Amine El Khatmi, président du Printemps républicain qui a apporté son soutien à Emmanuel Macron dès le début de la campagne, précise d’abord que le score élevé de Jean-Luc Mélenchon, qui est arrivé en tête à Avignon, ne reflétait pas la tendance politique du Vaucluse, “ancré depuis longtemps dans cette famille politique”. L’ancien conseiller municipal de la ville concède qu’il n’était “pas absurde que Marine Le Pen aille dans cette région” pour y tenir son grand meeting.

Amine El Khatmi a critiqué le passage du discours où Marine Le Pen évoque la défense de la liberté de la presse : “Elle a dit ça deux jours après une conférence de presse, où elle a précisément contesté le droit à des journalistes de l’émission Quotidien de pouvoir rentrer.”

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