Et si le télétravail devenait polluant ? – Courrier international

“Ces deux dernières années, la place d’Internet dans nos vies a changé.” C’est avec ce constat que commence la vidéo du Devoir sur l’empreinte environnementale du télétravail. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, on utilise 40 % de données de plus qu’avant. En effet, chaque jour, ce sont “300 millions d’utilisateurs” qui se connectent sur l’application Zoom.

Selon Daria Marchenko, fondatrice et présidente d’Ecoist Club, interrogée dans la vidéo, en Europe et au Canada chaque individu produit 16 tonnes de CO2 par an. “Dans l’idéal, il faudrait être à 2 tonnes de CO2 par personne”, déclare-t-elle.

Daria et son équipe ont créé un logiciel qui calcule l’empreinte écologique annuelle de la visioconférence selon la situation de “la province [au Canada] et le nombre d’heures passées en réunion virtuelle”. D’une ville à une autre, le résultat varie. Selon la spécialiste, tout dépend de comment est produite l’électricité, si “c’est basé sur le charbon” par exemple, ou sur une “énergie renouvelable”. Pour illustrer ses propos, Daria Marchenko précise qu’au Québec l’empreinte environnementale est moins importante qu’en Alberta.

Même si, comme le rappelle la vidéo du Devoir, le télétravail permet aux salariés de ne plus utiliser la voiture pour se rendre au boulot, rester à la maison pourrait ne pas être si écologique que ça.

En effet, au bout d’un an, l’utilisation des ordinateurs – micro et caméra allumés – quinze heures par semaine équivaut au parcours de “270 kilomètres en voiture, l’équivalent d’un Montréal-Québec”.

Françoise Berthoud, chercheuse au CNRS, a étudié les retombées d’une visioconférence d’une durée d’une heure, entre Paris et Grenoble. Elle explique :

On a pris en compte tous les équipements qui sont nécessaires entre un point A et un point B pour faire la visioconférence. Ce qui produit le plus d’émissions de gaz à effet de serre, ce sont les équipements terminaux, c’est-à-dire ceux qui sont tout près de l’utilisateur.”

La consommation de données provenant du réseau wifi ou du réseau cellulaire produit elle aussi du gaz à effet de serre. Pour réduire ce phénomène, la spécialiste conseille de “couper micro et son” lorsqu’on n’en a pas l’utilité, en réunion virtuelle.

En plus des gaz à effet de serre, une quantité importante d’eau est utilisée pour produire les différents éléments nécessaires à une visioconférence. Dans la vidéo, on tire ce constat : “Des études montrent qu’un employé qui utiliserait seulement son micro en réunion virtuelle pourrait économiser jusqu’à 532 litres d’eau par mois. L’équivalent de [la contenance de] trois baignoires.”

Nous sommes encore au début du développement des technologies et du numérique, prévient Daria Marchenko. Et il faut garder en tête ces conséquences pour tendre au “développement éthique, économique et durable de cette ressource”.

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

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